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MATEO
FALCON Après vous avoir raconté les histoires de mes deux héros légendaire Colomba et Sampiero Corso, je vais vous raconter une autre histoire un peu plus choquante et surtout moins romantique : c’est l’histoire de Matéo falcone. C’est une œuvre de Prospère Mérimée, qui a été nommé inspecteur des monuments historiques en 1834. Mais cela ne l’empêcha pas de continuer sa carrière d’écrivain. Matéo Falcone fut publié en 1829 avec le sous-titre Mœurs de la Corse dans la revue de Paris. |
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Matéo
Falcone, avait sa maison à une demi lieue du maquis. C’était
un homme assez riche pour le pays ; vivant noblement, c’est-à-dire
sans rien faire, du produit de ses troupeaux, que des bergers, espèces
de nomades, menaient paître ça et là sur les montagnes.
Son habileté au tir du fusil passait pour extraordinaire, même
dans son pays, où il y a tant de bon tireur. Matéo n’aurait
jamais tiré sur un mouflon avec des chevrotines ; mais, à
cent vingt pas, il l’abattait d’une balle dans la tête.
La nuit, il se servait de ses armes aussi facilement que le jour. |
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Il
s’était attiré une grande réputation. On
le disait aussi bon ami que dangereux ennemi : serviable et faisant
l’aumône, il vivait en paix avec tout le monde dans les
environs de Porto-Vecchio. Mais on racontait de lui, qu’à
Corte, où il avait pris femme, il s’était débarrassé
fort vigoureusement d’un rival qui passait pour aussi redoutable
en guerre qu’en amour : Il tomba amoureux de la « Giuseppina
», mais cette dernière était sur le point d’épouser
Baptiste Simonpietri. Sans un mot, Mateo Falcone se retira, et mystérieusement,
Baptiste Simonpietri, fut assassiné quelques heures après.
On ne retrouvera jamais l’auteur de ce déplorable incident…on
attendit quelques temps et Matéo épousa Giuseppa dans
l’intimité |
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Giuseppa
mit au monde une fille. L’année suivante, une autre. La
troisième année vint également la naissance d’une
autre fille. Enfin sept ans plus tard, le garçon était
né. Matéo fou de joie, brandit son fils unique et s’écria :- Il s’appellera Fortunato. C’étai t l’espoir de sa famille, l’héritier du nom. Les filles étaient bien mariées : leur père pouvait compter au besoin sur les poignards et les escopettes de ses gendres. |
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Un
certain jour d’automne, Mateo sortit de bonne heure avec sa femme
pour aller visiter un de ses troupeaux dans une clairière du
maquis. Le petit Fortunato voulait l'accompagner, mais la clairière
était trop loin; d'ailleurs, il fallait bien que quelqu'un restât
pour garder la maison; le père refusa. Il était absent
depuis quelques heures et le petit Fortunato était tranquillement
étendu au soleil, regardant les montagnes bleues, quand il fut
soudainement interrompu dans ses méditations par l’explosion
d'une arme à feu. Il se leva et se tourna du côté
de la plaine d'où partait ce bruit. Dans le sentier qui menait
de la plaine à la maison de Mateo parut un homme, se traînant
avec peine en s’appuyant sur son fusil. Il venait de recevoir
un coup de feu dans la cuisse. |
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Cet
homme était un bandit, qui, étant parti de nuit pour aller
chercher de la poudre à la ville, était tombé en
route dans une embuscade de voltigeurs corses. Après une vigoureuse
défense, il était parvenu à faire sa retraite,
vivement poursuivi et tiraillant de rocher en rocher. Mais il avait
peu d'avance sur les soldats et sa blessure le mettait hors d'état
de gagner le maquis avant d'être rejoint. Il s'approcha de Fortunato et le supplia de le cacher, mais ce dernier refusa, prétendant qu’il préférait attendre l’arrivée de son père, pour prendre une décision. Le bandit, blessé, ne pouvant plus se sauver proposa alors une pièce d’or à Fortunato qui accepta de le cacher dans une botte de foin. |
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Quelques
minutes après, six hommes en uniforme brun à collet jaune,
et commandés par un adjudant, étaient devant la porte
de Mateo. Cet adjudant était quelque peu parent de Falcone Les
collets jaunes arrivèrent peu de temps après, avec à
leur tête le propre cousin de Mateo Falcone, l'adjudant Tiodoro
Gamba. Gamba demanda aussitôt à Fortunato s'il n'avait
pas vu passer un dangereux criminel, mais Fortunato su tenir sa promesse
et ne dit pas un mot à l'Adjudant.Ce dernier lui proposa alors
une splendide montre en échange de quelques renseignements, préférant
appâter gentiment Fortunato, plutôt que d'employer la violence
au risque de s'attirer les foudres de Mateo Falcone.Les yeux du jeune
enfant se mirent à briller à la vue de la montre, et il
n'hésita pas longtemps pour indiquer l'endroit où était
caché le malheureux Gianetto. |
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Les
Collets Jaunes s'emparèrent alors du bandit et le ligotèrent.
C'est à ce moment que Mateo Falcone arriva, le malheureux Gianetto s'empressa de lui reprocher la trahison de son fils. Le déshonneur venait de s'abattre sur le visage de Mateo Falcone, qui sans dire mot, emmena Fortunato à quelques centaines de mètres de la maison et abattu son propre fils. Puis il partit délivrer
Gianetto en prenant soin d'épargner les gendarmes qui escortaient
ce dernier et en se contentant de les ligoter. Mateo
devint alors un bandit et se vit dans l'obligation de disparaître
dans le maquis |
![]() Gamba lui proposa une montre |
![]() Les Collets jaunes s'emparent du bandit |
![]() Mateo Falcone a abattu son propre fils |
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