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LUNDI
07/08/06
TEMPS
: 28°
Encore une belle journée ensoleillée et chaude mais pas trop...
Léger vent d'ouest dominant - brises marines.



Carte
: IGN Top 25. 4253 OT Petreto-Bicchisano, Zicavo
Difficulté : Balade d'une après-midi
Accès : A 20km à l'est d'Ajaccio,
rejoindre le pont du Prunelli situé entre Bastelicaccia et Eccica-Suarella
Notre sortie d'aujourd'hui fut dédiée à mon héros favori Sampiero Corso, brave guerrier prêt à soulever les montagnes pour récupérer son île.
A
50 mètres du pont sur le Prunelli, rive gauche, un sentier en sous-bois
monte jusqu'à la stèle de Sampiero, érigée à
l'endroit où il fut assassiné par ses beaux-frères en
1567.
Sur le chemin de Bastelica où il est né en 1501, nous avons
fait une petite halte au pont de Zippitoli. Pont génois datant du XVème
siècle sur la rivière d'Esse. Puis nous avons continué
notre chemin jusqu'à Bastelica, village natal de Sampiero Corso. Comme
j'ai beaucoup aimé son histoire, j'ai choisi de vous la raconter.
L'HISTOIRE
DE SAMPIERO CORSO ET VANNINA D'ORNANO |


Sampiero Corsu, de son vrai nom Santu Petru di Bastergà, est né à Bastelica le 23 mai 1498. Son acharnement à libérer sa patrie et son audace devant le danger lui valent le surnom de " Sampiero Corso ". A l'âge de 14 ans, il s'engagea sous les ordres de Giovanni de Médecis qui reconnut dans le jeune Corse un égal et le récompensa comme tel. En 1522, Giovanni de Medecis passa au service de la France emmenant avec lui Sampiero. En 1536, il était au service de François 1er. Il fut nommé colonel général des gardes corses.
En 1545, il revint dans son île pour épouser Vannina d'Ornano,
fille d'une famille noble ( il a 47 ans, Vannina a 15 ans ). Cet arrangement
nuptial lui permet de pénétrer au sein de la noblesse corse.
En 1555, Sampiero fut rappelé par le roi de France. La Corse est
rattachée à la couronne de France et connaît la paix
jusqu'en 1559, date du traité de Cateau-Cambrésis où
la France dut concéder la Corse à Gênes. En 1560, il
est nommé gouverneur d'Aix, mais il continua à être
un artisan de la révolte anti-génoise.
Nommé
ambassadeur en Turquie par le Roi de France, Sampiero laisse épouse
et enfants ( 2 filles et 2 garçons ) en sa demeure de Marseille.
Vannina a 32 ans de différence avec son époux. Elle en a peur,
son mari est souvent absent. Les moeurs de l'époque se libèrent.
La jeune femme se morfondait et renoua avec son ami d'enfance le beau Gabriel,
un artiste génois. Tous deux, conseillés par l'abbé
Ombronen, un espion génois, décidèrent de se rendre
en Italie en 1563. Vannina vendit les biens de Sampiero et embarqua pour
la capitale ligure.
Antoine de Saint-Florent, ami de Sampiero l'apprend et ramène la
fugitive à Marseille. Inquiet du sort de Vannina, il la transféra
à Aix. Tous craignent le retour tempétueux de Sampiero.
Rentré de voyage, en juillet 1563, Sampiero part pour Aix réclamer sa femme. L'honneur ne transige pas. La pauvre Vannina est ramenée à Marseille. Après 16 ans d'une union que l'on dit, par euphémisme, orageuse, Sampiero, inflexible, jugea sa femme et la condamna à mort. Elle accepta la sentence, le suppliant seulement de l'étrangler de ses propres mains, plutôt que de la livrer au lacet du bourreau.
Ce
meurtre fit grand scandale, car la défunte appartenait à une
famille noble. Ce crime eut un grand retentissement dans les cours européennes.
On lui ferma les portes de la Cour de France. Mais Sampiero ne renonça
pas à sa lutte pour la libération de la Corse. Il tenta de
faire de la Corse une nation indépendante entre 1564 et 1567. Bien
qu'il échouât, il fit naître dans le coeur des corses
l'étincelle de ce que la psychologie des sentiments nomme
" l'amour de la patrie " et que la politologie appelle "
Nationalisme "
Le
17 janvier 1567 Sampiero rejoignait Vannina dans la mort. Il avait pour
ennemis les génois, mais pire encore, le clan d'Ornano qui "
veut sa peau ". Les cousins de Vannina tendent un piège à
Sampiero et le livrent aux génois qui l'exécutent et portent
triomphalement sa tête au bout d'une pique. Mort à 69 ans,
il fut un des héros de l'histoire insulaire.
Avec lui, mourait une époque, mais un sentiment nouveau était
né, ce patriotisme qui allait lentement lever dans le peuple et qui,
un siècle et demi plus tard, allait mener à la guerre de l'indépendance.








